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Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la banane… !

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C’est un peu sur un air de la célèbre chanson de Pierre Perret (le zizi, 1975) que la visite du musée de la banane pourrait se dérouler. En effet, la particularité de ce musée est de nous apprendre tout, absolument tout, sur ce fruit.

« Mangez la banane par les deux bouts ! » tout le monde connait aujourd’hui cette célèbre phrase publicitaire qui a fait irruption sur nos écrans dans les années 80 (1981 exactement). Elle faisait certainement écho au proverbe malien qui dit « tout a une fin sauf la banane qui en a deux ».

En Martinique, existe donc le musée de la banane. Si vous passez par là, je vous conseille fortement de le visiter. Il se trouve sur la côte Nord-Atlantique de l’Ile, sur la commune de Sainte-Marie. Un délicieux restaurant créole se trouve sur place, l’accueil y est assuré par des gens charmants et la cuisine est excellente pour un prix tout à fait abordable.
Pourquoi un pâtissier visite t-il un tel endroit ? Toujours pour les mêmes raisons qui m’animent : pour apprendre, pour découvrir, pour apprécier et pour aimer ce qui se fait de mieux. Cela me permet de vous offrir ce qu’il y a de meilleur.
Ne seriez-vous pas content(e)s de savoir que mes tartes au chocolat-banane, par exemple, recèlent pour vous les meilleurs produits sélectionnés ?

Dans un premier temps nos retracerons rapidement l’histoire de la banane. Au cours de l’histoire humaine, la banane va faire un incroyable voyage à travers le monde pour devenir, aujourd’hui, le fruit le plus consommé sur la planète.
Ensuite, nous nous interrogerons de savoir comment pousse le bananier. La plante mérite également un petit arrêt pour apprendre comment elle vit et ce qu’elle est capable de nous donner et, connaitre sa culture sur le sol antillais. La précision « antillais » a ici son importance, et vous saurez pourquoi quand j’aborderai le chapitre où tout le monde vante sa banane !

La banane est voyageuse

L’origine

La banane est un fruit voyageur. On place son origine en Asie du Sud-Est, probablement en Indonésie et / ou de Malaisie. Il aurait ensuite migré vers l’Inde puis vers le Pacifique.
Il y a 1700 ans, le fruit arrive sur le continent Africain, très probablement au gré des campagnes militaires de tous ordres.

Énigme historique et métamorphose

Ce serait au 16ème siècle qu’elle aurait traversé l’Atlantique dans le sillage de Christophe Colomb. Mais rien est moins sûr. De l’Asie du Sud-Est à travers le Pacifique, le bananier serait-il arrivé d’Iles en iles, sur les rivages de la côte Ouest de l’Amérique tropicale ?
Dès 1620, le navigateur Portugais Magellan, dans ses récits, note la présence d’un arbre représentant le bananier. Il en fut de même pour le navigateur Humboldt.

Donc la question : le bananier existait-il aux Amériques avant l’arrivée de Christophe Colomb ? Ou aurait-il été introduit uniquement par les Européens au 16ème siècle ?
La rapidité avec laquelle les Amérindiens se seraient appropriés un aliment qui leur était totalement et complètement inconnu pose problème.

Au cours de cet incroyable voyage le fruit s’est métamorphosé. Au départ nous n’avions que des espèces à graines (imaginez une banane pleine de graines noires au milieu de sa chair). Par l’évolution naturelle d’une part et par les croisements et les sélections par l’homme d’autre part, les bananes se sont transformées en un fruit remplis de pulpe.

A Hispaniola, au début du 16ème siècle on appelait la banane « Dominico ».

 Le bananier, un drôle de spécimen

Qui c’est celui-là ?

Diverses espèces de bananiers. Musée de la Banane. Photo Lionel BARRIEU

Le bananier est une herbe géante. Elle peut mesurer entre 1 à 8 mètres, certaines espèces peuvent atteindre 15 mètres. Il existe plus de 1000 variétés différentes.Les variétés comestibles ne poussent que dans les régions tropicales.
Pour les botanistes en herbe, c’est une variété monocotylédone appartenant à la famille des musacées.
300 variétés sont comestibles, les autres sont des bananiers d’ornement. Sur ces 300 variétés, la moitié, 150, sont consommées après cuisson. 150, donc, peuvent être consommées crues.
Par exemple, la banane « plantain » que l’on trouve aux Antilles est indigeste crue même mûre. Elle est consommée cuite uniquement.

Comme je l’écrivais plus haut, on compte environ 1000 variétés de bananiers regroupées en 50 groupes et il existe une multitude de bananes différentes sur la planète :
A graine, sans graine, minuscules, énormes, longues, carrées, courtes, rondes, droites, vertes, jaunes, roses, panachées, argentées, tigrées. (ça rappelle une chanson, non ?)

Comment ça pousse ?

Au 17 et au 18ème siècles, le paysage agricole dans les îles antillaises fut profondément modifié par les Européens. Les Amérindiens entretenaient le manioc, la patate douce et leurs bananiers. L’arrivée des premiers Européens marqua  une rupture dans les pratiques culturales des îles.
Ils y introduirent des plantes nouvelles et en sélectionnèrent d’autres. La sélection se fit en faveur du tabac et de la canne à sucre pour les productions coloniales d’exportation, et la patate douce, le manioc et le bananier pour les cultures vivrières.

Régime de bananes. Musée de la Banane, Martinique. Photo Lionel BARRIEU

Le bananier est une plante qui ne donne qu’un seul régime sur une période d’environ neuf mois. Il n’est planté qu’une fois et de sa tige souterraine appelée rhizome, bulbe ou souche, poussent des rejetons pouvant être utilisés comme plants.
La sélection se porte sur le rejet le plus robuste.
La plantation se divise en plusieurs parcelles de plus ou moins un hectare. Chaque hectare peut contenir 2000 pieds.
L’entretien de l’exploitation prévoit un renouvellement tous les 4 à 6 ans, parcelle après parcelle, afin de permettre au sol de se reposer durant un an environ.
Après la phase de repos sont pratiquées les techniques de sous-solage, labourage, amendement et sillonage afin de préparer les sols.
La parcelle est alors replantée avec des vitro-plants ou d’autres plants issus de la plantation.

On trouve en Afrique de l’Ouest un bananier plantain qui porte un seul fruit de 50 cm de long !

 Tout le monde vante sa banane

Un proverbe africain raconte « ce n’est pas à la grosseur de la banane du gorille qu’on mesure sa force » ! Je ne sais plus où j’ai lu ceci, mais c’est à peu près ça.
Et en effet, ce n’est parce que certains pays producteurs abondent le marché de leurs bananes qu’ils en proposent les meilleures. C’est là qu’il faut commencer à se méfier.

Amériques versus Europe

Le commerce de la banane oppose les USA, les pays d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud à l’Union Européenne (et donc en particulier la France) depuis quelques années.
Il s’agit d’une véritable guerre commerciale. On appelle cela la « guerre de la banane » dont l’enjeu de la « banane-dollar » est de contrôler 100% du marché européen. Et la banane-dollar contrôle malheureusement déjà 80% du marché européen.Il s’agit donc bien de tuer ici les producteurs français. Car l’objectif affiché des producteurs américains est d’éliminer les productions des Antilles françaises.

Ce n’est qu’après la 1ère guerre mondiale que les Français découvrirent la banane en métropole. Il fallut attendre les premiers bateaux réfrigérés pour que le fruit arrive en effet en Europe.

 

Plaidoyer pour le choix des producteurs Antillais

Je ne saurais trop vous conseiller de choisir des bananes en provenance de Guadeloupe et / ou de Martinique. L’idée de patriotisme commercial ne suffirait pas ici à convaincre les consommateurs avisés que vous êtes. Mais quelques arguments méritent toutefois d’être avancés.

La fin des herbicides ?

Les planteurs antillais ont divisé par deux les quantités de produits phytosanitaires utilisés dans les bananeraies. Ce n’est pas une suppression totale, mais notre agriculture, en tout cas je veux le croire, connait probablement ici un tournant.

Des planteurs de Guadeloupe, épaulés par le CIRAD, expérimentent de nouvelles pratiques avec la mise en place d’une plante de couverture, le « chien-dent », qui permettra d’éviter le désherbage chimique.

L’installation de pièges à insectes se développe dans les plantation contre le charançon.

Le problème de la cercosporiose

la cercosporiose de la banane. Image chambre de l’agriculture de la Martinique.

La cercosporiose est une maladie des feuilles du bananier qui ne peut malheureusement pas être traitée que par épandage aérien. Aux Antilles, les producteurs limitent les épandages aériens à dix par an environ. Alors que les producteurs américains de la « banane-dollar » réalisent environ une cinquantaine d’épandages aériens par an !

Soyez prudent(e)s également avec les bananes dites « bio » et provenant hors de France. Les normes bio ne sont absolument pas les mêmes dans certains pays producteurs, allant même pour certains jusqu’à autoriser l’usage de pesticides pour leur agriculture « bio » !

le bananier a besoin de 15 à 20 litres d’eau par jour

La banane insolite

Les mille et une ressources de la banane

Ou le côté insolite de l’usage de la banane. En inde, par exemple, on tisse de la soie et du fil de fibre de banane pour confectionner des tissus de luxe.

Il existe de la semoule de banane pour la préparation du couscous.

On fait aussi de la bière à la banane mais aussi de l’essence de banane pour la pâtisserie.

Au sud de Kivu, en République Démocratique du Congo, on fabrique du whisky de banane !

La banane, un fruit érotique ?

Josephine Baker et son costume banane. Photo : domaine public.

Plutôt que porte-poisse ( le fameux : glisser sur une peau de banane), on préférera le côté érotique que la banane a suscité au fil des ans. C’est Joséphine Baker qui, pour la première fois le 2 octobre 1925, va mettre la banane en scène, à Paris au théâtre des Champs-Élysées. La danseuse, alors vêtue simplement d’un pagne de (fausses) bananes va déclencher le scandale, mais très vite l’engouement… pour le charleston, mais pas seulement. L’artiste connait alors un succès planétaire.

Dans un autre registre, une légende indienne, qui situe le paradis sur l’ile de Ceylan (Sri Lanka), rapporte que la banane était le fruit défendu.
Adam et Eve, chassés de l’Eden, couvrirent alors leurs corps de feuilles de bananier ce qui expliquerait les noms anciens de « figuier d’Adam » et de « bananier du paradis ».

En guise de conclusion

La banane aura traversé la terre au cours de l’histoire humaine. Le bananier aura subi des transformations et une métamorphose par l’homme pour en faire un fruit le plus consommé sur la planète.
Enjeu d’une féroce guerre commerciale entre les puissantes industries américaines et l’Europe, nos producteurs Antillais cherchent à faire évoluer leur agriculture dans le bon sens en s’attachant à une culture durable et raisonnée.

Le pouvoir reste aux consommateurs. Ils gardent le pouvoir de choisir ou non les produits les mieux élaborés avec la meilleur traçabilité possible. Il en va sûrement de l’avenir de nos agriculteurs et de nos savoir-faire.
Mes choix pour mes pâtisseries se font dans ce sens afin d’offrir le meilleur à mes clients. Ils se portent en particulier sur la banane-montagne, généralement cultivée à plus de 600 mètres d’altitude. Elle présente de meilleures qualités gustatives.

Ressources :

L’article du CIRAD au sujet de la mobilisation des planteurs antillais pour une production durable de la banane

Le site des producteurs de Guadeloupe et de Martinique, intéressant pour suivre toute l’actu sur votre fruit préféré.

Musée de la banane. Habitation Limbé, quartier Fourniol. Commune de Sainte-Marie, Martinique. Ouvert tous les jours de 9h à 17h00, fermé les dimanches en septembre et octobre. http://museedelabanane.fr/home/
Tel : 05.96.76.27.09

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